
L’abstention, premier parti du canton
80 % d’abstention.
À Saint‑Dizier‑1, la politique ne recule plus : elle s’évapore.
Ce n’est plus un désintérêt, c’est une grève générale des urnes, massive, silencieuse, implacable.
Sur 9 090 inscrits, seule une poignée s’est déplacée. Le reste a tourné le dos, lassé, résigné ou simplement ailleurs.
Les chiffres réels, ceux qu’on évite soigneusement
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Delphine Glowiak (majorité départementale) — 10,97 % des inscrits, 998 voix.
Une élue portée par un habitant sur dix. -
Éric Gauthier (RN) — 9,38 % des inscrits, 853 voix.
Une candidature qui se dissout dans l’indifférence générale.
Derrière les pourcentages flatteurs des exprimés, la réalité est brutale : neuf électeurs sur dix n’ont choisi personne.
Une démission attendue, un siège repris sans éclat
La victoire de Delphine Glowiak n’a rien d’un séisme politique : c’est la conséquence mécanique de la démission de Laurence Robert‑Dehault.
Tête de liste aux municipales, elle a échoué à prendre la ville de Saint‑Dizier et siège désormais dans l’opposition municipale.
Dans cette situation, et en tant que députée, elle était à priori contrainte de démissionner de son mandat départemental, la loi imposant de choisir entre certains mandats.
Une issue prévisible, loin du faux suspense entretenu autour de cette partielle.
Le RN perd un siège qu’il n’avait gagné qu’à quatre voix.
En 2021, le RN avait arraché ce canton à quatre voix près.
Cette fois, malgré un candidat local, agriculteur et ancien suppléant, le parti n’a pas réussi à remobiliser.
Difficile de défendre un siège quand le terrain lui‑même ne croit plus au jeu.
Un territoire qui décroche, et pas seulement des urnes
La défiance ne tombe pas du ciel. Elle s’est construite :
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Le référendum de 2005 contourné,
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Les restructurations hospitalières imposées,
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Une justice perçue comme intouchable.
Dans ce climat, 7 272 électeurs ont préféré le Der, un barbecue ou simplement la paix.
Quand un territoire se vide, les urnes se vident aussi.
Les médias locaux, soudain réveillés
Silencieux pendant la campagne, le quotidien départemental a retrouvé sa voix au moment d’annoncer la victoire de la majorité.
Un réveil sélectif, presque traditionnel.
Une majorité qui parade, mais pas totale
La nouvelle élue rejoint la majorité du président Nicolas Lacroix.
Mais deux élus — Magali Cartagena et Michel Karakula — continuent de grincer dans les rangs.
La majorité absolue, elle, reste hors de portée.
Une photo de famille où deux silhouettes refusent de sourire.
2028 en ligne de mire
Le département avance vers 2028 avec ses fractures, ses absents et ses projets contestés.
Parmi eux : l’hôpital sans bloc opératoire, symbole d’un territoire qui se bat pour garder ce qu’il lui reste.
On inaugurera peut‑être un bâtiment flambant neuf.
On coupera un ruban.
Et la démocratie, elle, comptera les absents.
Nous vivons une époque formidable
Le Citoyen