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Vous ne lisez pas les journaux, mais vous les financez tout de même.

À l’approche des échéances électorales, la presse subventionnée adopte volontiers une posture de gardienne de la vérité, invoquant son rôle démocratique pour justifier son statut particulier. Une question demeure pourtant : si cette vérité est si indispensable, pourquoi dépend‑elle autant de l’argent public pour subsister ?
Les chiffres sont connus.
En 2021, les aides à la presse ont atteint environ 367 millions d’euros.
En 2023, elles se sont élevées à 447 millions d’euros, dont 205 millions d’aides directes et 242 millions d’aides indirectes. Dans le même temps, la fréquentation des journaux traditionnels continue de s’éroder, signe que le lectorat ne suit plus.
Le paradoxe apparaît plus nettement encore lorsque certains titres reprochent aux citoyens de partager quelques lignes d’un article sur les réseaux sociaux, assimilant ce geste à une forme de pillage.
L’analogie souvent avancée — « se servir gratuitement chez son boulanger » — interroge, surtout lorsque l’on compare les montants en jeu.
Contrairement aux entreprises de presse, les artisans n’ont pas accès à des dizaines ou des centaines de millions d’euros de subventions annuelles.
Les données publiques permettent d’observer la situation au niveau local.
En 2024, le quotidien haut‑marnais a perçu 1 566 000 euros d’aides. Si l’on ajoute les subventions attribuées à d’autres médias du territoire, comme Puissance Télévision, la question du modèle économique devient difficile à ignorer.
Cette réalité surprend souvent les contribuables. Beaucoup découvrent qu’ils financent un journal qu’ils ne lisent pas, parfois même qu’ils ne connaissent pas. Le contraste est d’autant plus marqué que d’autres initiatives locales, non subventionnées, proposent des contenus accessibles gratuitement, comme le Journal citoyen de Haute‑Marne.
Dans un paysage médiatique en recomposition, la question de la légitimité et de la transparence des aides publiques à la presse reste ouverte.
Elle mérite un débat dépassionné, fondé sur les faits, les chiffres et les attentes réelles du public.
Nous vivons une époque formidable
Le Citoyen
